Digestion difficile

Digestion difficile

Nous autres français sommes mondialement reconnus pour notre amour de la bonne nourriture et de la gastronomie ! Et bien entendu, avec les fêtes de fin d’année, l’occasion est encore plus grande de se faire plaisir autour de tables bien garnies, et d’oublier l’espace de quelques heures la signification même du mot « excès » !

Mais avec ces bacchanales alimentaires, il est ensuite courant de subir une digestion bien plus compliquée qu’à l’habitude, le système digestif n’étant pas forcément capable d’assimiler avec la même efficacité la grande quantité de nourriture ingurgitée, d’autant que celle-ci est en plus souvent chargée en graisses ou en sucres.

Alors afin de faire en sorte de ne pas être perturbé par des ballonnements, des nausées ou autres maux d’estomac, nos pharmaciens vous expliquent les raisons de ces troubles digestifs, mais surtout comment les prévenir et, le cas échéant, comment les traiter.

Pourquoi la digestion est-elle difficile après les fêtes ?

Une étude réalisée par la BBC Focus permet d’apporter un premier élément d’explication au fait que la digestion soit difficile après les repas de fête : en moyenne, en France, nous consommons plus de 3200 kilocalories en un seul repas, alors que les apports journaliers recommandés sont de 2500 kilocalories par jour pour les hommes, et de 2000 pour les femmes sédentaires.

Survient alors régulièrement ce qui est trop souvent appelé à tort une « crise de foie ». Cette désignation est erronée, car il s’agit en réalité d’une dilatation de la vésicule biliaire, celle-ci étant située sous le foie. Cette dilatation est due au fait qu’elle doive s’activer intensément pour délivrer les sels biliaires indispensables à la digestion, car l’estomac est alors trop rempli pour diriger correctement les aliments vers l’intestin, les sucs biliaires servant à émulsionner les graisses ne pouvant être produits en quantité suffisante.

En somme, la quantité de nourriture ingurgitée est souvent trop importante pour que le système digestif puisse correctement l’assimiler, et cela peut finir par se manifester par de l’aérophagie, des spasmes, des crampes, des ballonnements, des nausées, des vomissements, voire par une constipation.

Comment prévenir ces troubles de la digestion ?

Cependant, il est possible, avant même le début du repas, de prendre des dispositions pour mettre toutes les chances de son côté afin d’éviter les troubles digestifs. Voici quelques conseils pour anticiper :

  • 2 à 3 heures avant le début du repas, boire une bonne quantité d’eau permet d’éviter la déshydratation de l’organisme, et le rend plus enclin à une digestion efficace.
  • Pendant la journée qui précède le repas, il est essentiel de ne pas se priver de manger pour se « laisser de la place pour le soir ». La seule conséquence sera que l’estomac se retrouvera très sûrement saturé dès la fin de l’apéritif. Il est ainsi recommandé de consommer des fibres, des légumes et des fruits, qui vont tonifier les différents organes du système digestif.

Une demi-heure avant le repas, plusieurs solutions sont envisageables pour préparer au mieux l’estomac, le foie et les intestins à recevoir cette grande quantité de nourriture :

  • Prendre une cuillère à café de bicarbonate de soude diluée dans un verre d’eau, son effet anti-acide permettant de limiter considérablement la survenue de brûlures d’estomac pendant la digestion.
  • Tout en étant très vigilant aux contre-indications et en ne prenant pas cette solution pour une prescription mais une possibilité basée sur ses usages traditionnels, prendre une goutte d’huile essentielle de menthe poivrée (Mentha x piperita) sur un comprimé neutre ou un sucre peut aider à préparer le système digestif et à le mettre en bonnes conditions, notamment car celle-ci bénéficierait de vertus stimulantes pour l’estomac et le pancréas, et serait aussi régulatrice et protectrice hépatique et anti-nauséeuse.
  • Enfin, vous pouvez également adopter un régime prétox, une solution consistant à faire des repas légers et sains 5 à 7 jours avant les fêtes.

 

Adopter les bons réflexes pendant le repas

Au cours du repas, il est également possible d’adopter certains réflexes pour faciliter la digestion :

  • Manger lentement et prendre le temps de bien mastiquer ses aliments permet de ne pas surcharger l’estomac, et donc de faciliter l’écoulement des aliments vers les intestins, sans que la vésicule biliaire ne soit soumise à une pression trop forte.
  • Toujours afin de ne pas trop remplir l’estomac, mais cette fois-ci de liquide, il est important de ne pas trop boire pendant le repas, et notamment de l’alcool, car celui-ci met intensément à contribution le foie pour être assimilé par l’organisme.
  • Essayer de se dégourdir les jambes voire de prendre l’air entre les plats, cela encourage la circulation et donc la métabolisation des aliments.
  • Ne pas se forcer et continuer à manger si l’on sent que l’estomac est déjà trop rempli, il est important de savoir se raisonner même s’il faut se priver de dessert ou d’un plat savoureux afin de ne pas surcharger le tube digestif, ce qui amènera presque obligatoirement des troubles.
  • Il est aussi possible d’intégrer du jus de citron dans les plats les plus riches pour en faciliter la digestion, car cet agrume a pour bénéfice de stimuler la production d’enzymes par le foie.

 

S’assurer une bonne digestion après le repas et les jours suivants

Si malgré toutes ces mesures, la digestion véhicule toujours son lot de désagréments, il existe de nombreuses solutions pour réussir à endiguer le mal. Juste après avoir terminé de festoyer, il ne peut être également que bénéfique d’aller marcher pendant au moins une petite demi-heure, sans bien sûr forcer l’allure, cela contribue à éliminer les effets des excès alimentaires. Les jours suivants, pour permettre à l’organisme de reprendre un rythme normal, continuer une pratique sportive comme la course à pied, le vélo ou la piscine permet de maintenir une stimulation positive des fonctions d’élimination.

Les médicaments

Tout d’abord, des médicaments pour la digestion difficile sont spécialement conçus pour apporter davantage de confort, ainsi que pour venir à bout des ballonnements et autres crampes d’estomac, ainsi que pour stimuler les fonctions d’évacuation et la production de bile.

Les solutions naturelles

 

  • Boire une infusion pour la digestion ou un thé vert peut également s’avérer très efficace, nombre de plantes facilitant la digestion, mais aussi la detox les jours suivants les fêtes. Ainsi, le chardon-marie, le curcuma, le fenouil, le gingembre, le romarin, l’hibiscus, la menthe, la sauge ou l’anis vert sont, entre autres, particulièrement recommandés.
  • Les graines chaudes ont aussi su montrer leur pouvoir, celles-ci sont d’ailleurs utilisée depuis des millénaires en médecine ayurvédique, la médecine traditionnelle indienne. À l’instar du cumin ou du carvi, il est conseillé d’en croquer quelques graines en fin de repas car ce sont de puissants toniques digestifs.
  • De manière générale, la phytothérapie est source de nombreuses solutions pour faciliter la digestion, des végétaux comme le radis noir, le brocoli ou la mélisse sont notamment régulièrement utilisés, ceux-ci possédant des propriétés drainantes pour le foie, antispasmodiques, ou encore cholagogues, c’est-à-dire qu’ils augmentent la quantité et la fluidité de la bile.
  • Du côté des huiles essentielles, elles sont également plusieurs susceptibles de soulager les désagréments déclenchés par la digestion. Cependant, comme elles sont susceptibles d’avoir différents effets secondaires, il est important de se tourner vers un médecin, un thérapeute ou un pharmacien pour vérifier la posologie, la voie d’administration à privilégier, ainsi que l’absence de risque. Les usages traditionnels font surtout mention de l’huile essentielle de basilic, particulièrement indiquée en cas de digestion difficile ou de ballonnements, mais aussi l’huile essentielle de citron qui serait drainante pour les toxines et purifiante pour le foie, ou encore de l’huile essentielle d’estragon, considérée comme une excellente stimulante digestive.
  • En bonus, voici un remède que votre grand-mère pourrait tout à fait vous recommander : boire un verre d’eau citronnée tiède 2 à 3 fois dans la journée est un excellent moyen de stimuler le système digestif, notamment en stimulant le foie et en réchauffant l’estomac pour réussir à activer encore davantage la digestion.

 

L’homéopathie

Pour bien faire le tour des solutions d’origine naturelle, il ne faut pas oublier que l’homéopathie peut aussi s’avérer très utile pour venir à bout des troubles digestifs. Il est cependant important, comme pour les huiles essentielles, de se faire établir une prescription par un professionnel de santé, en l’occurrence un médecin homéopathe, afin que celui-ci définisse avec précision le traitement adapté, à savoir la souche et le dosage, ceux-ci dépendant des caractéristiques physiologiques, des symptômes ainsi que du terrain de l’individu.

Ainsi, pour être sûr de bien digérer pendant les fêtes, il n’est pas forcément nécessaire de se priver, mais plutôt de manger intelligemment, et de prendre les précautions nécessaires. Si toutefois ces dernières ne suffisent pas, les solutions restent nombreuses pour réussir à venir à bout des ballonnements, crampes d’estomacs ou autres brûlures. Médicaments, solutions naturelles ou remèdes de grand-mère, vous n’avez que l’embarras du choix !

Cependant, si ces troubles se prolongent durant plusieurs jours, il est plus que recommandé d’aller consulter votre médecin pour qu’il puisse étudier correctement la situation, et prescrire un traitement qui soit parfaitement adapté

La flore intestinale

La flore intestinale

L’intestin, que l’on considère à juste titre comme le deuxième cerveau, héberge naturellement des milliards de micro-organismes, constituant la flore intestinale (ou microbiote intestinal). C’est elle qui contribue à nous maintenir en bonne santé. Elle participe à la bonne digestion des aliments, au bon fonctionnement du transit intestinal, à la synthèse des vitamines et minéraux, au renforcement de la barrière intestinale et stimule notre système immunitaire. Son équilibre est essentiel car, si de nombreuses bactéries vivant dans notre corps sont bénéfiques, d’autres se révèlent nocives. Une flore intestinale déséquilibrée menace l’ensemble de notre système immunitaire et peut être lourd de conséquences pour la santé. Il faut en effet savoir que 80% du système immunitaire se trouve dans notre intestin, son fonctionnement est principalement influencé par l’état de notre microbiote intestinal. Si son équilibre est mis en péril, germes, bactéries, champignons et autres parasites indésirables vont proliférer et nous rendre fragile aux infections et autres maladies. Heureusement des solutions existent pour renforcer et refaire sa flore intestinale ! De la consommation de probiotiques en passant par une hygiène de vie saine et équilibrée, Pharma GDD vous explique tout sur l’utilité d’une flore intestinale en bonne santé et les astuces et solutions pour en prendre soin !

Flore intestinale déséquilibrée : quelles sont les causes ?

Une alimentation inadaptée

Elle peut être la cause d’une flore intestinale déséquilibrée. Cette dernière joue pourtant un rôle important dans l’assimilation des nutriments et la digestion. Elle dégrade et fermente en effet certains composés alimentaires, tels que les fibres ou les acides aminés, qui vont servir de nutriments aux cellules de l’intestin pour favoriser leur renouvellement.
C’est pour cette raison qu’une alimentation trop grasse ou trop sucrée, la consommation excessive d’alcool ou encore des régimes d’exclusion (hyper-protéinés…) peuvent déséquilibrer notre microbiote intestinal.

Les maladies

Une invasion bactérienne peut venir perturber l’équilibre du microbiote intestinal. En effet, après une gastro-entérite, la flore intestinale est affaiblie, notre corps a évacué tout ce qu’il pouvait pour se défendre y compris les bonnes bactéries qui la constituent. Le profil de la flore se modifie et n’a donc plus les mêmes capacités à se défendre contre les agents pathogènes. La barrière intestinale peut s’ouvrir à des intrus et le système de tolérance est à son tour perturbé. Avec, pour conséquence, un certain nombre de réactions allergiques et/ou inflammatoires.

Les médicaments

Les médicaments et plus particulièrement les antibiotiques sont les ennemis jurés de notre flore intestinale. En effet, les antibiotiques détruisent toutes les bactéries y compris celles qui nous protègent. Notre microbiote intestinal se trouve totalement dévasté !

L’environnement

Un environnement pollué ou riche en toxines peut altérer notre flore intestinale. Un climat de stress permanent peut aussi jouer considérablement sur cet équilibre. La recherche et la médecine ont en effet révélé que le stress provoque des troubles à la fois organiques et fonctionnels, notamment sur le système digestif.

Pourquoi reconstituer sa flore intestinale ?

Pour une meilleure digestion

Le premier rôle de la flore intestinale est digestif. Elle participe au bon fonctionnement du transit intestinal en facilitant l’assimilation des nutriments et en aidant à la digestion des fibres alimentaires, en particulier des fruits et des légumes. Une flore intestinale déséquilibrée peut être à l’origine de troubles digestifs, tels que les ballonnements, les diarrhées, les maux de ventre… Ces signes d’une flore en mauvaise état disparaîtront dès que le microbiote intestinal sera reconstitué.

La flore intestinale joue un rôle de protection

L’intestin contient environ 80 % de notre système immunitaire, qui correspond à l’ensemble des mécanismes de défenses de l’organisme. La flore intestinale est un système complexe qui va permettre que les bons microbes apprennent à nos défenses à lutter contre les mauvais. Elle aide ainsi à renforcer le système de défense immunitaire en jouant un rôle de barrière, qui empêche les bactéries pathogènes de s’installer. Un microbiote intestinal en déséquilibre, et en particulier au niveau de la muqueuse, peut provoquer une perméabilité accrue de l’intestin, telle une véritable passoire !

La flore intestinale joue un rôle métabolique et physiologique

Les bactéries de notre microbiote intestinal contribuent à la synthèse de certaines vitamines B et K, indispensables au bon fonctionnement de l’organisme et présentes dans notre alimentation. La vitamine K joue un rôle dans la coagulation sanguine, dans la protection du système cardio-vasculaire et des os. Les vitamines du groupe B agissent quant à elles sur l’assimilation des protéines, des lipides et des glucides, améliorent la croissance des cellules, du système nerveux et du système immunitaire. Le microbiote intestinal participe également au métabolisme du cholestérol et des acides biliaires. Ainsi si la flore est affaiblie, ses fonctions métaboliques et physiologiques seront également moins efficaces et l’organisme dans son ensemble en subit les conséquences !

La flore intestinale joue un rôle préventif

En permettant l’assimilation des vitamines et des minéraux, la flore intestinale nous protège contre les phénomènes inflammatoires ou contre l’apparition de pathologies comme l’ostéoporose.
Une flore intestinale en bonne santé fonctionne comme une véritable barrière pour que les molécules inflammatoires ne se « baladent » pas dans la circulation générale !

Comment refaire sa flore intestinale ?

Soigner son hygiène de vie

La première étape pour refaire sa flore intestinale est d’avoir une bonne hygiène de vie. Une alimentation trop riche en sucre ou en graisses, boire trop de café, la cigarette… sont autant d’excès en tout genre à proscrire de votre quotidien.

Il est également important de pratiquer une activité physique régulière pour rester en forme et limiter son stress.

Les probiotiques

Les probiotiques sont des micro-organismes ou bactéries qui vont venir reconstituer la flore intestinale. Consommés régulièrement et en quantité suffisante, les probiotiques sont des bactéries vivantes qui boostent notre microbiote intestinal. Naturellement présentes dans notre corps, ces bactéries sont apportées en partie par l’alimentation.

Les bactéries lactiques comptent parmi les principaux probiotiques. Leur nom générique vient du fait qu’elles produisent de l’acide lactique. Elles comprennent, notamment, les lactobacilles (bactéries du genre Lactobacillus), les bifidobactéries (bactéries du genre Bifidobacterium) et certains streptocoques (bactéries du genre Streptococcus).

Les aliments probiotiques : Le plus connu est le yaourt fermenté. La choucroute, les produits à base de soja fermenté, le kéfir, les produits laitiers sont des aliments riches en probiotiques.

Les probiotiques en compléments alimentaires : seuls les produits qui apportent au moins 10 milliards de bactéries par prise ont de l’effet sur la flore intestinale. Ils sont disponibles sous forme de poudre, comme Bioprotus 7000 ou de gélules, comme Granions Probio’vit Flore. La levure de bière active (ou « vivante »), telle que Super Diet levure de bière est également un probiotique. Elle est constituée de champignons microscopiques qui ne sont pas pathogènes et qui digèrent le sucre et l’amidon des céréales, créant un milieu riche en protéines et en vitamines, et principalement en vitamines B.

En fonction des troubles que vous ressentez, les laboratoires pharmaceutiques ont élaboré des compléments alimentaires avec des souches spécifiques pour traiter la diarrhée, la constipation, ou le syndrome de l’intestin irritable.

Les prébiotiques

Les prébiotiques ont la propriété d’accroître la croissance et l’activité des probiotiques. Ce sont des fibres solubles, telles que Fibreline qui ont la particularité de ne pas être digérées dans l’intestin grêle, pour servir de nourriture préférentielle aux probiotiques. Il s’agit principalement de fructo-oligosaccharides (FOS) ou de galacto-oligosaccharides (GOS).

Si vous consommez des probiotiques, il est nécessaire de prendre également des prébiotiques afin de recoloniser la flore intestinale en bonnes bactéries.
Le blé, l’orge, le seigle, les asperges, l’ail, les artichauts, les oignons, les bananes sont des aliments prébiotiques riches en FOS et en GOS qui vont nourrir les probiotiques.

Une alimentation équilibrée

Pour que les bactéries probiotiques soient capables de survivre, de se multiplier et d’éradiquer les micro-organismes nuisibles de la flore intestinale, une nourriture de qualité et en quantité suffisante est nécessaire.
Certains aliments vont permettre de maintenir le microbiote intestinal en équilibre. Mangez des fruits, des légumes cuits et des céréales complètes en quantité et limitez la viande rouge et la charcuterie riche en acides gras saturés.

Réduisez également le sucre et les aliments gras, comme la crème ou le beurre. Il est également important de bien prendre son temps pour manger et pour mâcher. Les nutriments ne seront que mieux assimilés !

Limiter la prise d’antibiotiques ou avec de la levure probiotique

Les antibiotiques déséquilibrent la quantité et la diversité des bactéries intestinales et donc la flore intestinale. En effet, très utiles pour lutter contre des infections, les antibiotiques ne font pas la différence entre les bonnes et les mauvaises bactéries. Afin de limiter leur action sur le système digestif, il est recommandé de consommer de la levure Saccharomyces boulardii qui a prouvé son efficacité pour diminuer l’apparition des diarrhées sous antibiotiques.

La flore intestinale est un véritable écosystème peuplé de plus de 100 000 milliards de bactéries. L’équilibre de la flore intestinale joue sur notre organisme et sa capacité à lutter efficacement contre les agressions qui peuvent altérer notre système immunitaire. La consommation de probiotiques associée à une alimentation riche et variée sont la solution pour refaire sa flore intestinale, par conséquent renforcer notre immunité et donc notre santé !

Intolérance au gluten

Intolérance au gluten

Maladie cœliaque, sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC) et allergie au gluten sont des termes qui reviennent de plus en plus souvent à nos oreilles. Alors, la mauvaise assimilation du gluten par le corps humain, sous toutes ses formes, est-elle devenue un syndrome si répandu qui justifie que l’on s’y intéresse à ce point ou s’agit-il d’un simple phénomène de mode surfant sur la vague du ”manger sain” ?  La question mérite d’être posée.

A l’heure où les allergies et les intolérances alimentaires sont de plus en plus fréquentes, le gluten ne fait pas figure d’exception. L’intolérance au gluten, aussi appelée maladie cœliaque est d’ailleurs l’une des maladies digestives les plus fréquemment rencontrées de nos jours. Mais il existe également d’autres pathologies liées au gluten, qui sont souvent amalgamées.

 

Le gluten c’est quoi ?

Le “gluten” est un terme générique que l’on utilise pour désigner une famille de protéines que l’on retrouve dans de nombreuses céréales. La plus connue est le blé, mais il y a aussi du gluten dans l’orge, l’avoine, le seigle ou l’épeautre.

En tant que protéine végétale, le gluten contribue à diversifier notre alimentation. Il fait d’ailleurs l’objet de recherches soutenues par les pouvoirs publics pour développer des aliments à base de protéines végétales présentant de meilleures qualités nutritives.

Le gluten présent dans les farines est indispensable dans la préparation des produits de boulangerie tel que le pain. C’est notamment lui qui permet de faire lever la pâte. Le gluten donne aussi des propriétés essentielles comme l’élasticité et le moelleux à nos pâtisseries préférées. En effet, lors du pétrissage, les maillons de protéine s’accrochent les uns aux autres, ce qui va piéger les bulles de gaz produites par les levures, qui sont alors retenues par ce résistant filet.

 

Quelles différences entre l’allergie au gluten et l’intolérance au gluten ?

La majorité de la population n’a aucun souci à consommer du gluten. Pour certaines personnes en revanche, manger du gluten a des effets secondaires très désagréables voire même dangereux. Pas facile cependant de s’y retrouver entre l’allergie, la sensibilité et l’intolérance au gluten. Petite mise au point :

 

L’allergie au gluten

Comme toute allergie alimentaire, l’allergie au gluten (souvent appelée allergie au blé) est provoquée par une réaction anormale du système immunitaire qui identifie par erreur certaines protéines alimentaires comme étant des corps étrangers. Rapidement après l’ingestion, une réaction de défense se met alors en place pour combattre ce que le corps croit être un danger, provoquant des symptômes d’allergie.

Ces symptômes diffèrent d’un individu à l’autre. Il peut s’agir de réactions cutanées comme de l’urticaire, de symptômes digestifs ( douleurs abdominales, vomissement, diarrhée…) ou encore de réactions respiratoires comme l’asthme. Ces réactions sont communes à toutes les allergies alimentaires. Dans les cas les plus graves, une réaction généralisée du corps peut survenir, c’est le choc anaphylactique.

 

La sensibilité au gluten non cœliaque

C’est là que ça se complique ! Dans le langage courant, l’expression « intolérance au gluten » est devenue si courante qu’elle est utilisée pour parler de deux pathologies différentes :  l’intolérance au gluten (aussi appelée maladie cœliaque) et la sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC). Or il est important de bien faire la différence entre les deux.

La sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC) est en fait une réaction immunitaire. Cette hypersensibilité provoque des symptômes proches de ceux causés par la maladie cœliaque et/ou du syndrome du « côlon irritable », d’où cette confusion récurrente. Les divers symptômes, qui peuvent être intestinaux ou non, se déclenchent peu de temps après l’ingestion de plats contenant du gluten.

La SGNC est plus fréquente que la maladie cœliaque. Les estimations parlent d’environ 1 Français sur 10, soit presque 7 millions de personnes. Elle est difficile à diagnostiquer car à la différence des personnes touchées par la maladie cœliaque qui présentent des lésions et des anticorps, la SGNC n’engendre pas de symptômes directement observables par des analyses. Elle peut donc facilement passer inaperçue.

Parmi les symptômes de la sensibilité au gluten non cœliaque les plus fréquents, on retrouve : les douleurs abdominales, les ballonnements, la fatigue, les maux de tête, la diarrhée ou la constipation,  les éruptions cutanées ou l’eczéma, les douleurs articulaires, la confusion mentale, l’anémie, la dépression, les brûlures d’estomac, l’anxiété ou les attaques de panique…

 

Qu’est-ce que la Maladie Cœliaque ?

La maladie cœliaque fait parler d’elle depuis quelques années. Alors que l’on utilise souvent l’expression « intolérance au gluten » pour en parler, la maladie cœliaque n’est pas une simple intolérance alimentaire à proprement parler, mais bien une réaction immunitaire, autrement dit, une maladie auto-immune. Elle est d’ailleurs héréditaire, ce qui signifie que si un membre de votre famille proche est atteint de la maladie cœliaque, vous avez 1 risque sur 5 d’en être atteint également.

Contrairement à l’allergie ou à la sensibilité au gluten non cœliaque, l’ingestion de gluten par les malades provoque une réaction immunitaire anormale dans l’intestin grêle où se crée une inflammation persistante. Cette inflammation aboutit à la production d’anticorps qui finissent par endommager la paroi intestinale et détruisent l’intestin.

Ce sont plus précisément les villosités intestinales (les plis et replis microscopiques qui permettent l’absorption des nutriments, vitamines et minéraux dans le sang) qui sont détruites. En quelques années seulement, la paroi intestinale du malade devient lisse, ce qui rend la surface d’absorption très réduite (quelques mètres carrés seulement contre 250 à 400m² chez un individu sain).

 

Les symptômes de la maladie cœliaque :

Les symptômes de la maladie cœliaque peuvent mettre des semaines voire des années à se manifester et sont très variables d’un individu à l’autre. Si le gluten n’est pas éliminé du régime alimentaire du malade, des complications graves peuvent apparaître.

 

La dénutrition

Si l’inflammation destructrice n’est pas traitée, l’intestin endommagé n’est alors plus capable d’assimiler les nutriments et vitamines dont il a besoin et un état de malnutrition peut s’installer, malgré une alimentation tout à fait normale. La malnutrition entraîne alors une grande fatigue, des faiblesses musculaires, un amaigrissement et de multiples carences. Les malades souffrant de la maladie cœliaque peuvent également développer des intolérances au lactose, de l’ostéoporose, des calculs rénaux et de l’anémie.

 

Si elle n’est pas prise en compte, la maladie cœliaque peut aussi conduire à l’apparition de maladies auto-immunes et causer des complications qui ne sont pas forcément liées à l’atteinte intestinale telles que le diabète de type I, une thyroïdite, un déficit en IgA, une hépatite auto-immune.

 

Une fatigue excessive

Etant donné que les nutriments ne sont plus assimilés correctement par l’organisme, cette maladie conduit à une anémie ferriprive, une hypoplasie de l’émail, des douleurs osseuses, de l’ostéoporose. Chez l’enfant, ces carences en fer et en calcium entraînent une prise de poids médiocre et un retard de croissance.

 

Une atteinte neurologique

Si elle n’est pas prise en charge, la maladie cœliaque peut causer différentes maladies neurologiques. Ces manifestations mettent du temps à arriver mais elles ne sont pas bénignes. Parmi elles se trouvent : l’ataxie, la neuropathie périphérique (engourdissements), l’épilepsie, la sclérose en plaque, la pyopathie ou encore l’encéphalopathie qui mime la douleurs des migraines.

 

Des douleurs musculaires et articulaires

Plusieurs études, notamment celle de l’Arthritis Foundation, viennent valider le fait que la maladie cœliaque provoque chez les malades des douleurs tant musculaires qu’articulaires.

Des réactions cutanées

Les problèmes d’absorption des nutriments essentiels causés par la maladie cœliaque affectent également la peau. Celle-ci réagit et des pathologies comme l’eczéma et la dermatite herpétiforme (DH) peuvent survenir. On observe également l’apparition de rougeurs, de démangeaisons, de brûlures ou encore de cloques.

 

Des troubles de la fertilité

Selon une étude parue dans la revue scientifique Human Reproduction Update, les femmes atteintes de la maladie cœliaque auraient deux fois plus de difficultés de procréation et un nombre de fausse-couches plus important.

 

Qui est touché ?

Il est très difficile de dire précisément combien de personnes souffrent aujourd’hui de la maladie cœliaque, à cause des symptômes non spécifiques pouvant être provoqués par d’autres pathologies. De nombreuses personnes en seraient donc atteintes sans le savoir. Il existe cependant des critères tels que la région du globe ou l’origine ethnique. Ainsi les populations caucasiennes sont les plus touchées, entre 1% et 3%, alors que la maladie semble plus rare chez les personnes d’origine africaine ou asiatique. Concernant la sensibilité au gluten non cœliaque, on estime qu’environ 6% de la population serait atteinte.

 

Pourquoi a-t-on l’impression que le nombre de personnes malades ou sensibles au gluten augmente ? La réponse tient à plusieurs facteurs : Premièrement, la récente mise en lumière de la maladie cœliaque a permis à beaucoup de personnes de se demander si les divers symptômes dont elles souffrent ont un lien, d’où une augmentation significative du nombre de diagnostics. Ces personnes ne savaient tout simplement pas qu’elles étaient malades jusqu’alors. Ce qui ne rend pas plus facile les estimations ! Une autre hypothèse prend en compte le fait que le blé aurait subi d’importantes modifications génétiques dans les dernières décennies afin de répondre aux besoins de l’industrie agro-alimentaire, en augmentant sa teneur en gluten. La part de gluten dans le blé a ainsi été multipliée par trois en 50 ans. Il est souvent utilisé pour ses capacités liantes et épaississantes, notamment sous la forme d’amidon et est présent dans des centaines de produits différents, car il est extrêmement économique.

 

Comment savoir si on est intolérant au gluten ?

Le diagnostic de la maladie cœliaque est souvent long et difficile à établir. En cause, la grande diversité des symptômes qu’elle provoque et le fait qu’ils n’ont pour certains aucun lien avec la maladie elle-même. Le médecin doit en premier lieu établir avec certitude qu’il ne s’agit pas de problèmes digestifs plus communs, comme un intestin irritable, une intolérance alimentaire ou une maladie inflammatoire de l’intestin.

 

Si ces problèmes sont écartés, commence alors un diagnostic en 3 étapes :

Le test sanguin pour détecter s’il y a une présence élevée de certains anticorps (qui pourrait signifier une réaction anormale au gluten)

Ensuite vient la biopsie de l’intestin grêle.

Enfin la mise en place d’un régime alimentaire sans gluten test qui vient confirmer ou infirmer le diagnostic.

 

Pour diagnostiquer une sensibilité au gluten non cœliaque, il faudra bien souvent passer également par les tests de la maladie cœliaque ainsi que ceux de l’allergie alimentaire au gluten afin de les mettre de côté. Si ces test ressortent négatifs et que les symptômes réapparaissent une fois la période sans gluten finie, c’est qu’il s’agit bien d’une sensibilité au gluten. Dans ce cas, la simple suppression du gluten dans l’alimentation permet une amélioration rapide, car contrairement à la maladie cœliaque, la paroi intestinale n’est pas touchée.

 

Comment soigner les symptômes de l’intolérance au Gluten ?

Heureusement, pour les symptômes de l’allergie, la sensibilité et l’intolérance au gluten ne provenant que de son ingestion, la simple suppression du gluten dans le régime alimentaire permet une amélioration voire une disparition des symptômes en quelques semaines.

 

En cas de maladie cœliaque, les anticorps anormalement présents disparaissent au bout d’un an environ, ce qui réduit du même fait les risques de complications. A terme, les tissus intestinaux endommagés peuvent guérir (de la même manière que des poumons de fumeurs peuvent redevenir sains au bout de plusieurs années).

 

Cependant l’adoption d’un régime sans gluten est différente selon que l’on souffre d’une sensibilité au gluten non cœliaque ou de la maladie cœliaque. En effet, les personne souffrant de SGNC peuvent réintroduire petit à petit le gluten dans leur alimentation au bout de un à deux ans, en suivant les prescriptions du médecin car chaque cas est différent. Cependant, les personnes touchées par la maladie cœliaque, elles, ne peuvent plus jamais consommer d’aliments contenant du gluten, sous peine de voir réapparaître les symptômes de leur maladie. Ce régime très contraignant n’est correctement suivi que par un adulte sur deux atteint de la maladie cœliaque, d’après l’AFDIAG (Association Française Des Intolérants Au Gluten).

 

Si vous pensez être atteint de certains de ces symptômes, consultez votre médecin, ne supprimez pas le gluten de vous même car si vous deviez passer des examens pour déterminer si vous souffrez de SGNC ou de maladie cœliaque, vos résultats pourraient être faussés et ne pas déceler la présence anormale des anticorps concernés.